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CHANGEMENT DE PERSPECTIVE

Story by Helvetas Suisse March 9th, 2017

Travailler une semaine dans un autre pays, habiter chez des collègues, découvrir leur quotidien: tel est l’objectif du «Changement de perspective» que deux installateurs sanitaires suisses et deux népalais ont pu réaliser grâce à Geberit et Helvetas.

Nepal

Le chantier est situé un peu en dehors de Katmandou. Armin Kellenberger, un Thurgovien de 22 ans, s’étonne en montant dans le bus plein à craquer. «Chez nous, chaque installateur sanitaire a son véhicule avec tout ce dont il a besoin – ici on se rend sur le chantier avec les tansports publics.» Son collègue népalais Bhu Bikram Angdembe (26 ans) a mis ses outils dans son sac à dos. Tout est prêt – c’est parti! Pendant le trajet, des haut-parleurs diffusent une joyeuse pop népalaise. Vingt minutes plus tard, le bus s’arrête à Bhaktapur, ville voisine de Katmandou. Du riz était cultivé autrefois à l’endroit où un quartier destiné à la classe moyenne se bâtit. Sur le chantier, la flexibilité est de mise: c’est seulement une fois sur place que les travaux à effectuer sont connus. C’est nouveau pour Armin Kellenberger et Adrian Brühwiler (33 ans), qui est le chef d’Armin chez Brühwiler Sanitär à Oberwangen. Autre différence, au Népal le maître d’oeuvre achète lui-même les matériaux, et pas toujours à temps.

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Sous la direction de leur hôte Padam Sunuwar (29 ans), qui est propriétaire de l’entreprise sanitaire «Plumber’s Home» à Katmandou depuis un an et demi, les deux Suisses et leurs nouveaux collègues posent finalement les conduites qui amèneront l’eau fraîche souterraine dans le réservoir sur le toit. Étant donné que le thermomètre descend rarement en dessous de zéro dans la région, les conduites ne doivent pas être protégées contre le gel. «Fixer simplement les conduites le long du mur extérieur est très efficace», estime Armin.

Adrian Brühwiler, Bhu Bikram Angdembe, Armin Kellenberger et Padam Sunuwar ont travaillé ensemble à Katmandou.
Sur le chantier, les quatre professionnels sont dans leur élément.
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Depuis le réservoir, les conduites distribuent l’eau dans la cuisine, la salle de bains et les toilettes. Pour souder les tubes, on les chauffe. «Pour les conduites d’eau, nous utilisons les mêmes appareils chez nous. Mais ici les grosses conduites d’évacuation sont simplement ramollies grâce à un petit feu de papier journal, avant d’être emboîtées les unes dans les autres, ce qui est définitivement différent», constate Adrian.

Outre le travail fait ensemble, les Suisses logent aussi chez Padam, qui habite un deux-pièces avec sa femme Ganga et leur fille de sept ans Una. Les Suisses ont reçu la chambre à deux lits et la famille dort dans l’autre pièce. Dans un coin, on y cuisine. Pour le petit-déjeuner, traditionnellement pris à neuf heures, comme pour le repas du soir, on mange du dal bhat, une soupe de lentilles avec du riz et des légumes au curry. Les invités sont servis en premier dans leur chambre, la famille mange ensuite – dans l’autre pièce. Adrian et Armin doivent s’habituer à la manière de marquer le respect à l’égard des invités au Népal.

Adrian (à g.) et Armin prennent le petit-déjeuner népalais traditionnel.
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Bhu Bikram vit avec sa soeur dans la même maison au rez-de chaussée. Il est venu à Katmandou pour trouver du travail. Depuis six mois, il apprend de Padam les bases de la plomberie. De son côté, Padam a appris son métier en suivant deux cours de plusieurs semaines dans un centre de formation professionnelle qu’il fera découvrir à ses collègues suisses l’avant-dernier jour.

Helvetas a développé, en collaboration avec des organismes de formation privés et étatiques, les cours qui y sont donnés dans le cadre du programme «Employment Fund». Par le biais de ce programme cofinancé par la DDC, Helvetas aide les pauvres et les personnes défavorisées en proposant des formations professionnelles pratiques, augmentant ainsi leurs chances de trouver du travail. Le taux de chômage est très élevé chez les jeunes Népalais (46 %). L’objectif est de permettre aux jeunes de trouver un emploi. C’est pourquoi la rémunération des organismes de formation est liée à cette réussite. Le système fonctionne durablement: même encore trois ans après la fin des cours, 71 % des apprentis ont un emploi ou sont indépendants avec succès.

Le centre de formation professionnelle dispense surtout des cours pratiques, à l’aide de salles de bains entièrement équipées dans lesquelles les apprentis s’exercent. La formation est adaptée à la situation locale, comme Adrian a pu le constater: «Les équipements sont vieillots pour nos standards, mais compte tenu de la situation sur les chantiers locaux, ils sont adéquats ici.»

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Adrian fait le point avant le retour en Suisse:


«La première partie de ce changement de perspective a été saisissante. Nous avons eu un aperçu approfondi de la façon dont nos collègues népalais vivent et travaillent.»
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Un film passionnant a été réalisé sur le «Changement de perspective» entre le Népal et la Suisse:

(Pour voir les sous-titres: cliquer sur le symbole «roue» en bas puis activer la rubrique «sous-titres»)

Suisse

Quelques semaines plus tard, en Suisse. À sept heures du matin, une grande animation règne déjà chez Brühwiler Sanitär à Oberwangen. Les installateurs sanitaires – tous des hommes – sont réunis et Adrian répartit les mandats en attente. Pour la première fois, Bhu Bikram et Padam sont aujourd’hui de service avec Armin. Ce matin, ils doivent démonter ensemble un ancien lavabo et en installer un nouveau. Pour Bhu Bikram, le lavabo double, avec son armoire à miroir, semble encore tout à fait utilisable:


«Quelque chose comme ça ne serait jamais jeté chez nous!» Bhu Bikram Angdembe, installateur sanitaire

Padam découvre très vite que la perceuse sert aussi à dévisser. Il se met tout suite à l’oeuvre. Les deux Népalais posent un tas de questions intéressantes sur les différentes étapes du travail. «Une isolation acoustique est posée sur le lavabo pour que toute la maison n’entende pas quand on se lave les mains. C’est très intelligent», dit Bhu Bikram. À trois, le remplacement est vite fait.


Padam (à g.), Bhu Bikram et Armin installent un lavabo.

La neige tombe à gros flocons quand ils sortent de la maison. Bhu Bikram et Padam voient la neige pour la première fois. Katmandou est située en zone subtropicale. Dans la région du Terai, une plaine à la frontière indienne d’où vient Bhu Bikram, les températures sont même tropicales.

Il fait aussi très froid quelques jours plus tard sur la Schwägalp. En dehors du travail, les invités doivent aussi avoir l’occasion de découvrir un peu la Suisse. Padam regarde vers le haut avec scepticisme – ces câbles tout fins portent la cabine censée l’amener sur le Säntis? Mais la curiosité l’emporte et les quatre plombiers se retrouvent bientôt non pas sur le toit du monde, mais sur le toit de la Suisse orientale. Ciel bleu et beaucoup de neige. Le pays se montre sous son meilleur jour.

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Comme préalablement au Népal, Adrian montre à ses collègues de Katmandou où il a appris son métier: au centre de formation technique de Frauenfeld. Padam et Bhu Bikram savent combien il est important de se former. Ils essaient toutes sortes d’outils. Alors qu’une jeune femme fait la démonstration de son savoir-faire à la soudeuse, ils s’étonnent: au Népal, soudeur est un métier réservé presque exclusivement à des personnes de la caste inférieure. Pour Padam et Bhu Bikram, le fait que les métiers de l’artisanat soient si bien considérés en Suisse est nouveau.

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Un apprenti montre son savoir-faire aux visiteurs de l’école.

Il faut aussi apprendre la langue. «Vite» est le premier mot qui les frappe. Parmi les principales phrases, il y a aussi «J’ai besoin de travail» et «J’ai besoin de manger». La cuisine suisse est très bonne, apprécient les Népalais, mais autant de fromage leur donne un peu mal au ventre. Ils se consolent avec du Rivella.

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La semaine en Suisse est aussi passée «vite». «Je serais bien resté plus longtemps, mais mon billet m’ordonne de rentrer», déclare Bhu Bikram à l’aéroport. Padam veut améliorer la planification dans sa société. «Cela simplifie le travail, j’ai beaucoup appris.» Il ramène aussi avec lui de la fierté professionnelle. Adrian est heureux que le changement de perspective ait été mutuel: «Nous avons ainsi pu voir ce que nous avons en commun. La cohésion familiale notamment est très importante dans les deux pays.»

Geberit et Helvetas

Geberit et Helvetas ont conclu en 2010 un partenariat pour améliorer l’approvisionnement en eau potable et en équipements sanitaires dans des pays en développement. Le large soutien de Geberit a contribué de façon déterminante à ce qu’Helvetas, au cours de ces derniers sept ans, permette à près de trois millions de personnes d’accéder à de l’eau potable et à des équipements sanitaires.

Découvrir le changement de perspective sur le site en ligne de Geberit.